Dans un quartier de Santiago du Chili vivent Edison, un étudiant en médecine très brillant, et sa petite amie Emilia. Dans leur maison d’apparence banale, ils cachent tout le matériel nécessaire pour recevoir des femmes en détresse qui souhaitent avorter.
Une pratique encore interdite dans ce pays. Pour eux, ils font ce qu’il faut et réparent une injustice. Évidemment, ils prennent aussi un peu d’argent au passage, ce qui en fait un véritable trafic clandestin.
Lorsqu’une complication survient et que les hôpitaux signalent des cas suspects, l’inspecteur Pineda débute son enquête. Et pendant qu’il avance doucement et que les disparitions inquiétantes s’enchaînent, une autre enquête va lui être confiée.
On va alors le suivre dans ses avancées, pas à pas, mais aussi dans ses doutes, ses fausses pistes et surtout ses galères. Pineda n’est jamais très loin de trouver les solutions, mais le plus dur reste de le prouver et d’avoir les bonnes preuves.
J’ai aimé me plonger dans l’univers un peu sombre de ce roman, car le sujet principal ne prête pas à rire. L’auteur nous immerge dans un pays où les femmes n’ont que trois situations autorisées pour avorter, et cela dans un cadre très strict. Il fait réfléchir ses personnages sur ce sujet sensible sans imposer son propre point de vue ni faire la morale aux lecteurs, et c’est appréciable.
Le héros aussi est attachant, car il est humain, avec sa famille qu’il essaie toujours de faire passer avant son travail, surtout lorsque l’une des deux enquêtes le touche plus personnellement. C’est un « anti-flic », loin de certains personnages toujours sûrs d’eux, voire hautains.
Au-delà du thème, il s’agit là d’un véritable polar très bien ficelé, qui avance à un bon rythme et nous réserve une fin des plus surprenantes. Attention tout de même, certains passages sont assez durs et la violence est assez présente, donc il vaut mieux le savoir si vous êtes sensibles à ce genre de scènes. Personnelement, je ne suis pas loin du coup de cœur !