Christine Mari vient de publier son premier roman graphique aux éditions Delcourt et je me suis laissé tenter.
On y suit l’autrice, car il s’agit ici d’une œuvre autobiographique, qui retourne au Japon après des années passées aux États-Unis. Son but est d’y retrouver sa place. Partie vivre là-bas à 5 ans avec ses parents, elle ne s’y est jamais vraiment sentie chez elle.
Sur son île, on comprend que les choses ne sont pas si simples. Elle est ce qu’on appelle une “hāfu”, métisse entre deux cultures. Aux yeux des autres, elle est trop japonaise pour être américaine, et inversement. On lui fait constamment comprendre qu’elle n’est qu’une « moitié ».
Tout au long du récit, l’autrice est en plein tiraillement, et c’est très touchant. On comprend totalement son mal-être, cette impression de porter quelque chose en soi sans pouvoir l’exprimer, de peur de ne pas être comprise. Toute cette solitude est très bien retranscrite au fil des pages.
Visuellement, les couleurs sont sobres, limitées, et le graphisme va à l’essentiel. Pas de fioritures, mais une efficacité qui nous permet de nous concentrer encore plus sur le texte et les émotions. En parlant de cela, j’ai beaucoup aimé sa relation avec sa grand-mère.
Je ne suis pas forcément fan, à la base, des récits très personnels, mais j’ai été ici agréablement surpris. Je me suis reconnu en l’autrice sur certains points, notamment cette place qu’on cherche à trouver pour se sentir bien. Et puis j’y ai retrouvé l’atmosphère du Japon, ce qui m’a forcément parlé.
C’était une lecture touchante, sincère, et qui a trouvé plus d’écho en moi que je ne l’imaginais.
Un avis sincère, sans maquillage — comme toujours. À vous de vous faire le vôtre.