Le Chant des Machines est votre premier roman. Il s'est passé du temps entre l’écriture et la sortie, comment avez-vous vécu cette attente puis les premiers retours des lecteurs ?
En effet, entre le point final du Chant des Machines et l’arrivée du roman entre les mains des lecteurs, plusieurs mois se sont passés. Des petites étapes ont continué à me permettre de patienter plus facilement, comme la validation du texte sur maquette, mais ensuite… il a fallu essayer de ne pas trop angoisser !
Une fois le roman sorti, j’ai eu le sentiment d’attendre très (très très) longtemps les premiers retours. Alors qu’en réalité, pas du tout. Quand ils sont finalement arrivés, j’ai enfin pu souffler, car j’ai vite pu me rendre compte que Le Chant des Machines arrivait à toucher des lecteurs comme je l’avais espéré.
L'envie d'écrire est en vous depuis longtemps ?
J’écrivais déjà beaucoup à l’adolescence, puis j’ai mis cette passion de côté en débutant mes études. J’ai eu envie de m’y remettre il y a environ cinq ans, lorsque les premières idées du Chant des Machines ont commencé à prendre forme dans ma tête.
J’ai finalement terminé la première version de ce manuscrit à 27 ans, alors que je débutais tranquillement ma vie professionnelle.
Le roman est classé en young adult, même si je trouve que les thèmes peuvent toucher tout le monde. Aviez-vous dès le départ envie d'écrire pour ce lectorat ?
Peut-être parce que la lecture m’a tant apporté à l’adolescence, écrire pour un lectorat Young Adult était une évidence pour moi.
Le Chant des Machines s'adresse donc aux adolescents à partir de 14/15 ans, mais je pense que les thèmes abordés sont assez universels pour toucher une tranche d’âge bien plus large. Depuis la sortie du roman, j’ai rencontré des lecteurs âgés de 13 ans à 65 ans, ce qui me fait particulièrement plaisir !
Ce livre nous plonge dans un univers très riche. Est-il venu en premier ou après la création des personnages ? Et à quel moment vous êtes-vous dit : "Cette histoire tient vraiment debout" ?
Une partie de l’univers m’est venue en premier, avec le décor des Ardennes et l’envie d’écrire un roman qui parlait d’enjeux environnementaux autour de la production d’énergie. Le tout s’est affiné un peu plus tard, avec le boom de l’IA générative en 2022. À ce moment-là, j’avais déjà en tête Orion et Hestia, frère et sœur jumeaux, et Till n’a pas tardé à suivre !
Il a fallu que j’avance assez loin dans l’écriture pour avoir le sentiment que cette histoire pourrait réellement donner quelque chose. J’avais écrit plus de la moitié du roman quand j’ai commencé à y croire sincèrement, et même après ça, il m’a fallu plusieurs réécritures pour terminer de peaufiner l’univers et mes personnages !
Avez-vous préparé et suivi un plan très précis, ou certains personnages ont-ils fini par vous entraîner là où vous ne les attendiez pas ?
J’avais préparé un plan, mais je m’en suis éloignée plus d’une fois. Mes personnages ont tendance à faire ce qu’ils veulent, et à me dire, en cours d’écriture, « mais enfin, ton idée est nulle : je ne prendrais jamais ce genre de décision ». J’ai tendance à leur faire confiance et à les suivre… et honnêtement, je suis plutôt contente de leurs trajectoires respectives.
Le livre dépasse les 600 pages. Dès le départ, imaginiez-vous une histoire de cette ampleur ?
J’avais pensé Le Chant des Machines comme une duologie, avant de décider de faire un one shot. À la base, l’histoire était donc supposée être bien plus longue, mais j’ai su resserrer l’intrigue pour la rendre plus impactante !
Pour en faire un one-shot, j’ai dû supprimer des scènes, en réarranger d’autres et même fusionner des personnages. C’était toujours à mon initiative, donc je n’en ai pas souffert du tout ! J’aime les histoires qui ne comportent pas trop de longueur, qui vont droit au but tout en développant les personnages de manière crédible, et c’est vraiment ce que je voulais donner aux lecteurs avec Le Chant des Machines.
Quand je sentais que je pouvais « tailler dans le gras », j’étais finalement très enthousiaste ! Je sais que c’est difficile à croire quand on voit la longueur du roman aujourd’hui, mais j’ai réduit beaucoup de choses haha !
Vos personnages traversent des épreuves parfois très dures. Qu’est-ce qui vous intéresse le plus dans ce genre de situations ?
Je dirais que je prends plaisir à voir mes personnages évoluer. J’essaie de ne jamais les confronter à de la violence purement gratuite : tout ce qui se passe doit servir mon propos, et je veux qu’il en ressorte systématiquement quelque chose d’utile, si ce n’est de lumineux.
Bon, j’admets malgré tout adorer écrire l’horrifique et ne pas avoir boudé mon plaisir quand il s’agissait de décrire les Défaillants…
Au-delà de la science-fiction, j'ai eu le sentiment que ce sont surtout les relations humaines qui portent le roman. Était-ce ce que vous aviez envie d'explorer ?
Absolument. C’est même ce que je voulais explorer avant tout le reste. L’intelligence artificielle, les enjeux environnementaux liés à son développement ou le transhumanisme sont tout autant de sujets qui m’intéressent et dont je voulais parler.
Ce qui m’intéresse avant tout, ce sont les relations humaines. Je voulais des personnages forts, très présents, avec des enjeux absolument humains, et auxquels les lecteurs pourraient s’identifier.
En tant que lectrice, c’est aussi ce que je recherche. Même l’univers le plus intéressant du monde ne saura pas me faire apprécier une histoire si je ne m’attache pas aux personnages qui évoluent à l’intérieur !
J'ai aussi apprécié que la romance reste assez discrète (c'est un avis très personnel). Était-ce un choix délibéré ou est-ce venu pendant l'écriture ?
Je dois avouer que je ne suis pas une très grande amatrice de romance, et que ce n’est pas si simple pour moi à écrire (même si je suis très contente d’avoir placé une histoire d’amour dans Le Chant des Machines, qui avait bien besoin de cette dose de douceur).
Je m’intéresse bien plus aux relations familiales, notamment aux fratries, et à l’amitié. Je trouve qu’on place moins souvent ces relations au centre des romans young adult, ce qui me semble un peu dommage, car cela occupe tout de même une grande place dans nos vies.
En tant que lectrice, je suis souvent bien plus touchée par les belles histoires d’amitié que par les romances. J’étais donc très heureuse de pouvoir développer ça à mon tour !
Maintenant que cette aventure est lancée, avez-vous déjà envie de repartir explorer d'autres univers ou d'autres histoires ?
Oh que oui ! J’ai beaucoup d’idées en tête, que j’ai très hâte de concrétiser. D’autres romans YA mais aussi jeunesse, toujours en imaginaire. Je ne compte pas lâcher la science-fiction, genre dans lequel je m’épanouis beaucoup, mais j’ai prévu un petit détour par la fantaisie historique !
Merci à Néphélie pour son temps et sa disponibilité. Retrouvez ma chronique de son livre ici.
