Disons-le dès le début, j’ai retrouvé avec Le Baiser de Judas tout ce que j’aime chez Éric Mercier et qui fait que je dévore chacun de ses livres.
Une nouvelle fois l’auteur nous entraîne dans une enquête qui tourne autour d’un tableau mystérieux et à première vue sans prétention. Comme d’habitude, l’art ne va pas être ici un simple décor futile, mais un véritable moteur du récit. En plus de l’intrigue, on plonge totalement dans l’histoire de ce tableau, ainsi que dans celle de son peintre de manière didactique et toujours fluide. Cela n’alourdit jamais le rythme.
Et justement, le rythme est vraiment présent. L’enquête avance bien, les meurtres s’enchaînent, les suspects aussi, et on se prend vite au jeu à essayer de comprendre. J’ai plusieurs fois changé d’avis en cours de lecture, ce que j’adore dans ce genre de polar. L’efficacité narrative du romancier a encore fait mouche.
Avec ce roman, on se laisse porter d’un chapitre à l’autre et aller là où l’auteur veut nous emmener : d’un petit village des Vosges au cœur d’une secte, et il y arrive très bien. C’est le genre de livre que j’apprécie car il réussit à être à la fois intéressant sur le fond sans avoir l’impression de suivre un cours d’art, et vraiment efficace côté intrigue. Et il faut être honnête, ce n’est pas si courant.