Psalmanaazaar

Le 12/02/2026 0

Dans chroniques

Mon avis sur le premier livre de Raphaël Baud paru aux éditions Les belles lettres

Imaginez : vous arrivez dans un lieu où personne ne vous connaît et, pour vous démarquer, vous vous inventez une vie à partir d’un mensonge apparemment anodin… avant de vous y enfermer pour des années.

C’est ce qu’a fait, au début du XVIIIᵉ siècle, un jeune érudit : George Psalmanaazaar. Celui-ci a fait croire à toute l’Europe qu’il venait du Japon, et plus précisément de l’île de Formose (l’actuel Taïwan). À l’époque, ce territoire fascinait déjà et c’était le premier Japonais que l’on rencontrait.

Pris dans son imposture, mais grâce à son intelligence et à sa culture, il inventa un pays tout entier : religion, coutumes, organisation politique, alimentation… jusqu’à créer une langue et un alphabet. Et le plus fou est qu’il a même publié un ouvrage traduit dans plusieurs langues et plus que crédible.

De cette histoire vraie, l’auteur tire son premier roman, nourri d’un travail de recherche minutieux. Il ne s’est pas contenté de recopier les quelques infos qui circulent sur le net, il s’est documenté précisément pour en apprendre le plus possible sur le personnage et nous le partager ensuite au fil des pages.

Le choix narratif nous plonge encore plus dans l’immersion car l’histoire est racontée par le valet de Psalmanaazaar, dans une langue inspirée du XVIIIᵉ siècle. L’exercice a sûrement dû être compliqué à faire mais cela paie, car c’est fluide, il y a une vraie atmosphère de l’époque et personnellement j’ai adoré lire ce style et ces tournures de phrases.

Ce personnage est complexe, aussi manipulateur que fascinant et touchant. Il suscite beaucoup d’intérêt car il force le respect pour son inventivité, et pour être resté aussi longtemps dans son rôle. Je remercie l’auteur de m’avoir fait découvrir ce faux Japonais mais vraie figure historique que je ne connaissais pas du tout.

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