La chapelle Kermaria, classée monument historique, fait beaucoup parler d’elle pour ses légendes. Mais c’est pour un fait bien réel qu’Alex Dumas va en faire connaissance : la découverte d’un corps poignardé à l’intérieur. Le cadavre a en plus été charcuté avec une inscription gravée sur son torse.
Il ne le sait pas encore, mais pour le commandant de la PJ, cela va être une enquête compliquée et les pistes vont être nombreuses : régionalisme breton, histoire d’argent, secrets de famille enfouis depuis la guerre et j’en passe.
D’autant plus que la victime est le chef de la sécurité de la plus grande entreprise locale et que même à Paris on va demander au procureur de garder un œil sur Dumas et de ne pas faire trop de vagues. Mais comment enquêter comme il faut dans ces conditions ? Heureusement, Dumas sait y faire et être à lui seul le bad cop et le good cop.
Il est entouré d’une équipe solide et compétente, et surtout, tous les gens impliqués de près ou de loin dans cette affaire semblent vouloir l’aider. C’est quoi cette manie et surtout, qu’est-ce que cela cache ?
Premier roman que je lis de l’auteur et ce que j’ai beaucoup apprécié, c’est le ton et le rythme. Il y a des descriptions de ce joli coin de Bretagne, mais pas trop longues. Il y a peut-être moins de psychologie des personnages que chez d’autres auteurs, mais cela m’a très bien convenu, et tout le long du livre, on avance dans l’enquête sans vraiment de temps mort.
Lorsque Dumas doute ou semble être dans une impasse, il réfléchit, voit les choses sous un autre angle et hop, on continue l’histoire en étant au chaud dans la tête du commandant. Il délie les fils au fur et à mesure jusqu’au dénouement final dans un récit qui va crescendo en intensité. J’ai aimé aussi ce côté polar un peu "à l’anglaise" ou "old school" dans le bon sens du terme : l’auteur fait beaucoup cogiter le commandant, et n’a pas besoin de gardes à vue musclées, de courses poursuites ou de meurtres sanglants à chaque page pour nous garder captivés.
Alors, avais-je vu la fin venir ? Un peu, mais juste concernant un point et pas le reste. Cela m’a-t-il enlevé du plaisir à la lecture ? Aucunement, car il restait à savoir comment Dumas allait arriver à ses révélations.
Je fais un résumé, si cela n’était pas clair jusque-là : j’ai été ravi de cette découverte et de cette lecture. J’ai eu l’impression de voir un livre qui se lisait aussi facilement qu’il a été écrit, sans fioritures mais avec le suspens suffisant, et c’est là tout le talent d’un bon auteur de polar, car c’est loin d’être aussi simple à écrire.