Au beau milieu de la toundra en Arctique vit Cutuk Hawcley. Cutuk est son nom Eskimo, car son nom de blanc est Clayton, et ils sont les seuls à des kilomètres à la ronde.
Celui-ci vit dans un igloo avec sa famille, avec notamment Abe, un peu le « sage », ou encore Iris, sa sœur toujours enjouée. Cutuk a un rêve, celui de devenir un grand chasseur comme ceux qu’il observe à longueur de temps.
On suit dans ce récit, largement inspiré de la vie de l’auteur, sans être pour autant une biographie, la vie de Cutuk. D’abord dans l’igloo, avec l’enseignement à la maison, puis son départ à l’université à la grande ville, alias Anchorage, dont Iris lui en dit beaucoup de bien, et ensuite lorsqu’il revient voir les siens et les Inupiak qui ont bien changé.
Entre la violence dont il va faire face en ville et à laquelle il n’était pas préparé, et l’évolution technique de la toundra durant son absence qu’il va observer à son retour, Cutuk ne sait jamais comment se positionner, se pose beaucoup de questions, et notamment savoir où est sa place dans ce monde qui change trop à son goût.
C’est ici un roman d’apprentissage, donc, bien entendu, le rythme est assez lent et il n’y a pas d’action ou un suspense de fou pour pimper tout ça. Mais pas besoin ici. On se laisse totalement bercer et emporter par les paysages, par les animaux, et les loups, évidemment omniprésents ; l’écriture de l’auteur fait qu’on est au plus proche des personnages et des situations et c’est un vrai voyage immersif qui nous est offert.
Est-ce que cette vie et ces changements sont aussi hostiles qu’ils n’y paraissent ? Découvrez-le dans ce premier roman devenu culte et enfin traduit pour la première fois chez nous grâce à Buchet-Chastel et à la traduction d’Anne Pouzargues.