La muette

Le 31/03/2025 0

Dans chroniques

Mon avis sur La muette parue chez La boîte à bulles

En août 1941, alors que l’insouciance règne dans les rues de Paris dans les premières cases de cette BD, le ton va changer avec l’arrestation de premiers hommes. Chez eux, au travail, dans la rue, peu importe, tant qu’ils sont juifs, cela justifie tout.

Ils seront les premiers, avant d’autres milliers, à être conduits au tristement célèbre camp de Drancy, qui était la cité inachevée de La Muette, d’où le titre de la BD. La scénariste nous emmène derrière les murs en suivant le quotidien de certains de ses hommes : Béno, Jean, Chana et d’autres.

Au fil des pages, à leurs côtés, on les voit subir la faim, la soif, les humiliations, la mort qui règne, les cris, les tensions, mais l’autrice souligne bien aussi la fraternité, l’entraide, les rumeurs qui parfois redonnent un peu de courage, et les espoirs qu’ils s’avèrent véridiques ou non. L’humanité n’est pas tout à fait détruite chez ces hommes, puis ces femmes et enfants qui les rejoignent ensuite.

On suit l’évolution du camp au fil des années selon les différentes rafles, les règles changeantes ainsi que la direction passant de la gendarmerie française aux S.S. jusqu’à la libération pour les survivants.

Les dessins de Simon Géliot dans un seul ton soulignent bien la monotonie de la vie à Drancy (je ne sais pas si c’était son idée de base, mais je l’ai ressentie comme cela). Et malgré l’horreur de l’histoire racontée, j’ai trouvé certaines cases ou planches très belles, ressemblant à de vraies aquarelles.

J’ai reçu cette BD de manière encore plus puissante que certains témoignages écrits ou oraux, la puissance des images oblige. Elle est humaniste, touchante, d’une grande finesse et j’espère qu’elle trouvera sa place dans la bibliographie indispensable à notre devoir de mémoire.

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